UN THRILLER DE SCANDALE MÉDICAL

C'est avec ce roman publié en 2004, qu'Eric a mis un pied dans le monde du thriller. A l'époque, Fleuve Noir lance sa collection Polar santé, en partenariat avec la Mutualité Française, axée sur des scandales de santé publique. Les ouvrages sont confiés à des auteurs et journalistes qui connaissent le milieu médical ou à des écrivains de polar. Martin Winkler, auteur de la Maladie de Sachs, inaugure la série avec Mort in vitro. Après Gérard Delteil (Retraite anticipée), puis Paul Couturiau (Requiem en eaux troubles), Eric Giacometti est choisi pour le quatrième opus car il avait été journaliste à la cellule investigation du Parisien/Aujourd'hui en France, en charge les scandales de santé publique (Hormones de croissance, amiante, sans contaminé, Isoméride, vaccin hépatite B, etc). Il avait publié un livre d'enquêtes, La Santé publique en otage, aux éditions Albin Michel, en 2001 sur l'affaire du vacin hépatite B et le lobbying de l'industrie pharmaceutique. Pour son polar Pannes de cœur, il s'inspire librement d'un authentique scandale sur des pacemakers défectueux qu'il avait contribué à révéler (voir plus bas). La collection polar santé a été lancée par Béatrice Duval, directrice éditoriale du Fleuve et Roger Lenglet, auteur de livres d'enquête sur l'Amiante et le lobbying.

L'intrigue
Alors qu'elle assiste à une séance de routine à l'Académie de médecine, la journaliste médicale Claire Denice est assassinée dans les travées de la vénérable institution. Elle s'intéressait de près à une série de décès inexpliqués survenus dans une clinique de la banlieue parisienne. L'inspecteur David Datkine de la brigade criminelle dépêché sur l'affaire va découvrir que ces patients ont eu le cœur perforé par un pacemaker défectueux. Des stimulateurs cardiaques tueurs en série ? Une enquête qui va le conduire de Paris à Miami sur la piste d'un scandale mondial.

Les faits qui ont inspiré ce thriller
En 1995, un fabricant de pacemakers stoppe la commercialisation d'un de ses modèles. Raison ? Des patients sont décédés en Europe et aux Etats-Unis, suite à la fracture d'une électrode, laquelle perfore le cœur des victimes. Des milliers de patients (8.000 cas recensés en France) sont placés devant un douloureux dilemme : choisir d'être à nouveau opérés pour se faire enlever le pacemaker (explantation) et subir une nouvelle implantation, en prenant le risque d’une complication opératoire mortelle, ou bien conserver cet engin dans la poitrine, qui peut les tuer à n'importe quel moment. Dans le monde, plus de 5.000 personnes ont été explantées à titre préventif. Les patients qui ont opté pour la seconde alternative sont contraints, quant à eux, de se soumettre à des examens tous les six mois, et ce jusqu'à la fin de leur vie. En France, plus de cent patients ont porté plainte au pénal et au civil. Fait exceptionnel, dix caisses primaires d'assurance maladie s'associent à ces plaintes. Autre motif des plaintes : le fabricant aurait tardé à lancer l'alerte… Pour sa part, celui-ci estime l'avoir donnée au bon moment et affirme que sa sonde cardiaque ne se brise que dans une proportion de 0,05 % des cas. D'autres expertises montrent cependant des cassures dans 24,5 % des cas. Dans certains pays (dont le Canada et les Etats-Unis), le fabricant de pacemakers a versé des millions de dollars d'indemnités pour mettre fin aux procédures judiciaires. Cette affaire est exposée dans le roman policier d'Eric Giacometti sur fond d'un autre scandale, tout aussi réel. Dans les années 1980, en France et au Canada, des chirurgiens refacturaient à la Sécurité sociale en toute illégalité des pacemakers qu'ils récupéraient sur les morts pour les réimplanter à des patients.