LE TEMPLE NOIR

LE SECRET SPIRITUEL DES TEMPLIERS

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En Terre Sainte, une lutte sans merci oppose le Grand Maître des Templiers et le Légat du pape pour posséder un secret revendiqué par toutes les religions et tous les pouvoirs.

De nos jours
À Londres, le Temple Noir se réunit pour changer le cours de l'Histoire. Dans les méandres financiers de la City et dans les coulisses des sociétés secrètes, Antoine Marcas doit résoudre l'ultime énigme des Templiers et stopper un attentat.

Les faits qui nous ont inspirés
La première réunion officielle de loges maçonniques a vu le jour à Londres en 1717. Plus que Washington, la capitale anglaise est une ville truffée de symboles maçonniques. L'ordre des Templiers s'est établi aussi là-bas à Temple church. Le jeu de piste ésotérique dans Londres permet de découvrir une foule d'évènement et de lieux marqués par les Frères. Nous avons aussi été frappés par la montée du conspirationnisme autour de la création du grand stade pour les JO de 2012. A la fin de l'ouvrage, un guide maçonnique de Londres pour partir sur les traces d'Antoine dans son enquête.

POUR ALLER PLUS LOIN :

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Le guide du Londres maçonnique : sur les pas d’Antoine Marcas


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Audi, Vide, Tace, devise des francs-maçons anglais

Londres est historiquement le centre névralgique de la maçonnerie dans le monde. La fraternité chère à Antoine est née en Angleterre au 17ème siècle et la première obédience à Londres, à la taverne de l’Oie et le Grill, en 1717. Dès la naissance de la maçonnerie au Royaume-Uni, on observe un rapprochement rapide entre les instances dirigeantes de la fraternité, bourgeoisie éclairée et le pouvoir en place, à savoir la royauté et l’aristocratie. En cela, Londres est une ville beaucoup plus maçonnique que Washington (qui a les préférences de Dan Brown, dans son thriller le Symbole perdu).

Avec le Temple Noir, dont l’action se situe en grande partie à Londres, nous avions un fantastique matériau, tant la ville regorge de lieux, anecdotes et personnages illustres et liés à la maçonnerie. La mort dans l’âme, il nous a fallu faire un tri et mettre de côté certains endroits magiques, comme le temple caché du Great Eastern hôtel ou l’énigmatique monument de Temple Bar. Cela nous a donné l’idée de vous rédiger ce petit guide du Londres maçonnique, où nous l’espérons vos pas vous conduiront la prochaine fois que vous irez faire un séjour dans la capitale anglaise. Si vous voulez aller plus loin, procurez-vous l’excellent guide The City of London, a masonic guide, de Yasha Beresiner (ancien maître de la quatuor coronati lodge) publié chez Lewis masonic, vénérable maison d’édition maçonnique crée en 1861 et disponible sur leur site. www.lewismasonic.com.

 

UN PEU D’HISTOIRE…

 

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Boadicée, la première Reine

 

Quelques dates clés, subjectives, sur l’Angleterre et Londres :

 - 70. Lud, roi légendaire des tribus de Bretagne. Sa tombe serait à Londres, vers Ludgate Hill, non loin de saint Paul.

43. Conquête de l’Angleterre par les Romains, après deux tentatives infructueuses en – 55. Mention du nom de Londinium, établi sur la rive nord de la Tamise. Centre de garnison, puis port et expansion commercial.

61. Destruction de la ville et massacre des habitants par les armées de la reine païenne Boadicée, qui se suicidera quelques mois plus tard, vaincue par les légions romaines.

120. Premier grand incendie.

408. Les Romains évacuent l’Angleterre, le pouvoir devient anglo saxon.

604. Première église dédiée à Saint Paul, patron de la ville, édifiée sur Ludgate Hill, ancien sanctuaire païen.

924. Le roi Athelstan de Wessex, unifie le pays, protecteur légendaire des corporations de maçons.

1066. Londres se livre au Normand Guillaume le conquérant et devient la capitale du royaume.

1509. Roi Henry VIII Tudor (Barbe Bleue).

1603. Roi Jacques 1er d’Angleterre et d’Ecosse, Stuart, aurait été proche des maçons.

1665. Grande peste qui extermine un sixième de la population.

1666. Grand incendie pendant sept jours qui ravage tout le cœur historique, l’actuel City. 12 000 maisons détruites, la cathédrale saint Paul et 86 églises sont détruites. Début de la reconstruction sous la houlette de sir Christopher Wren.

1695. Essor des sociétés de bourse.

1710. Ouverture de la cathédrale saint Paul.

1717. Rassemblement de quatre loges à l’auberge de l’Oie et le Grill. Création de la première fédération de loges de l’histoire de la maçonnerie.

1773. Création du stock Exchange, l’ancêtre de la Bourse.

1820. Georges IV, famille de Hanovre, premier roi franc-maçon.

1837. Reine Victoria, le plus long règne à ce jour (63 ans).

1888. Jack l’éventreur sème la terreur dans le quartier de Whitechapel. Londres est la ville la plus peuplée du monde.

1940. Winston Churchill, maçon (Loge 1591), premier ministre.

1952. Règne d’Elisabeth II.

1979. La dame de fer, Margaret Tatcher, premier Ministre.

1994. Liaison Eurostar ouverte.

SUR LES PAS D’ANTOINE MARCAS

1. Freemason Hall, le quartier général des maçons anglais

60 Great Queen Street, métro Holborn

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Façade du Freemason Hall (EG)

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Le shopping des maçons, boutique située en face du Freemason Hall (EG)

Monumental, majestueux, mystérieux… Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette imposante construction, plusieurs fois remaniée, et dont la premier état date de 1775. L’actuel bâtiment, lui, a été construit entre 1925 et 1930 et pensé d’abord comme un mémorial aux francs maçons tombés durant la Grande Guerre. Une idée qui n’aurait pas déplu à un des personnages de notre livre, le Devin hanté par les morts. C’est après la seconde guerre mondiale qu’il prit son nom définitif de Freemason Hall.  Il ne faut pas hésiter à franchir les immenses portes du quartier général de la maçonnerie anglaise qui est très ouvert aux visiteurs : une fois, un petit badge accroché à votre poitrine, vous pourrez vous promener partout ou presque.  Pour voir les temples, mieux vaut s’y rendre un dimanche et profiter d’une visite guidée. En revanche, il faut absolument se rendre à la bibliothèque où des conservateurs diligents vous ouvriront les portes de leurs archives qui remontent au début du 18° siècle. Mais s’il est un lieu qu’il ne faut absolument pas rater, c’est le musée. Une merveille de désuétude, moitié bric à brac, moitié salon d’antiquaire, où s’entassent des objets fascinants tel le maillet du frère Wren que nous avons « emprunté »  dans ce roman.  Pour les amateurs de mystère, ne surtout pas rater un énigmatique bureau à double fond, révélant un temple de Salomon miniature et une  sorte d’échiquier initiatique dont le mystère n’est toujours pas percé, est ce un instrument de codage ou un prototype de machine à calculer ? Antoine enquête…

2. Cathédrale saint Paul

Saint Paul’s Church Yard, métro Blackfriards.

Dévastée par les Wikings, frappée par la foudre, maintes fois  détruite et reconstruite, la cathédrale médiévale de Saint Paul a définitivement disparu dans le Grand Incendie de Londres de 1666.  La Cathédrale actuelle est l’œuvre du génial architecte Christopher Wren, le Léonard de Vinci anglais, qui rebâtit en fait tout le centre de Londres. Non sans quelques arrières pensées maçonniques, comme des yeux avisés peuvent s’en apercevoir en contemplant un plan de la ville. Les formes symboliques et géométriques y abondent… Sitôt entré à Saint Paul’s, il faut se précipiter dans l’imposant escalier à vis  qui mène sous la coupole. Là,  une double vue ascendante et plongeante permet d’admirer à la fois la  magnifique voute peinte et le chœur de la Cathédrale. Une petite surprise initiatique, si vous êtes deux, mettez vous face à face sous la coupole et parlez… par un miracle acoustique, la parole circule à distance. Une dernière volée de marches, et vous arrivez au sommet, en plein air. Une vue imprenable.  Après le monde d’en Haut, celui d’en Bas avec la crypte où demeurent quelques unes des gloires notables et défuntes de l’Empire Britannique : vous y croiserez  en leurs tombeaux aussi bien l’amiral de Nelson que le général Wellington,  Fleming que Churchill. Ne pas partir, sans rendre une visite à la discrète tombe du maître des lieux, Christopher Wren dont une pierre porte sa marque gravée.  Le frère Wren fut-il le dernier maçon opératif ou le première spéculatif ou les deux ?… La question demeure. 

 

3. Un temple caché dans un hôtel de luxe

Hyatt’s Andaz Hotel, 40 Liverpool street, à côté de Liverpool Station.

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Temple caché dans le Hyatt’s Andaz Hotel  (Photo Hotel Boutique news)

Nous sommes à la fin des années 1990, des investisseurs  rénovent de fond en comble un vieil hôtel de style victorien, le Great Eastern Hotel, pour le transformer en cinq étoiles. L’établissement à la façade de briques rouges avait été construit un siècle plus tôt dans ce quartier marchand de l’est de Londres, tout près de la gare de Liverpool, à la frontière de la City et du populaire Hospitalisées. Le célèbre designer Terence Conran repense le look de l’endroit pour en faire un hôtel branché pendant que les ouvriers jouent du marteau piqueur et abattent avec entrain les murs et les cloisons pour créer de nouveaux espaces, conformes à la vision de l’artiste. Un matin, l’un d’entre eux démolit un mur de plâtre et tombe sur une salle secrète, qui n’était pas sur les plans. Avec le contremaître, tels des archéologues, ils entrent prudemment à l’intérieur avec leurs torches. Et c’est la stupéfaction, devant eux s’offre un temple maçonnique, d’inspiration grecque, d’un luxe inouï. Marbres italiens, trône avec dorure, escalier rose et blanc finement sculpté, fresques magnifiques, plafond recouvert de feuilles d’or, colonnes imposantes gravées de signes zodiacaux, c’est une découverte incroyable. Le temple avait été bâti en 1912, pour une valeur de l’époque estimée à 60 000 livres, soit la bagatelle actuelle de 6 millions d’euros. Les architectes, Charles et Edward Barry, s’étaient entourés de francs-maçons, pour la construction de l’hôtel et le propriétaire, un marchand, avait donné son autorisation pour remercier les frères. On comprend mieux le choix du nom de l’établissement, l’hôtel du Grand Est (l’Orient des francs-maçons). Pendant ces décennies, la loge de L’Eastern Hotel a organisé des tenues secrètes toutes les semaines, à l’insu de la clientèle !

Le temple est désormais un spot recherché pour les séances photo dans le milieu de la mode et de la musique. Le Temple sert aussi de lieu pour des événements de toutes sortes, avant premières, dîners privatifs… On imagine la tête des frères de l’époque (très conservateurs) s’ils avaient vu Lady Gaga prendre des poses alanguies sur le trône du Vénérable, le temps d’une séance photo. A l’origine, nous voulions une scène de course poursuite avec Marcas, dans ce temple pour qu’il découvre un indice sur le zodiaque, mais la date de construction du Temple ne coïncidait pas avec la chronologie historique de l’énigme.

4. Un blason mystérieux et des dragons légendaires

Dans toute la ville.

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Armoiries de Londres et sa devise Domine Dirge Nos

Jetez un œil sur les murs de la ville, en particulier dans le quartier de la City, vous apercevrez le blason de la cité. Une croix rouge sur fond blanc, flanquée sur les cotés, de deux dragons. La description héraldique est très précise : blanc, à la croix de gueules (rouge), chargé en son quartier de chef dextre (en haut à gauche) d’une épée d’argent garnie d’or. La croix des armes de l’Angleterre, épée de saint Paul, saint patron de la ville.

Les armoiries intègrent une devise : Domine Dirige Nos, Dieu nous guide.

D’un point de vue historique, la croix est celle de saint Georges, celui qui terrasse le dragon, mais certains chercheurs audacieux ne manquent de souligner la ressemblance de cette croix avec celle des Templiers, qui possédaient un dixième des terre de la City, au 13 ème siècle. Autre point de convergence, la devise de la ville ressemble à celle de l’ordre du Temple, Non nobis domine, sed nomine tuo, pas en notre nom Seigneur mais pour le tien. Les dragons, eux, renvoient sur un plan légendaire à la légende du Roi Arthur, fils du roi Pendragon (tête de dragon) et au combat de Merlin contre deux dragons, l’un rouge, l’autre blanc. Le dragon rouge est le symbole du pays de Galles.

5. Guildhall, cherchez l’inscription mystérieuse

Milieu de Gresham Street, métro Moorgate.

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Toujours dans la City, un complexe architectural étonnant qui mélange l’ancien (sublime) et le moderne (pas terrible, il faut l’avouer). Ici se trouve une inscription gravée dans la pierre en lettres dorées (à vous de jouer, comme pour Paternoster square) et qui rappelle que se trouvait à cet endroit le siège de la guilde de la compagnie des maçons, depuis 1463. Bâtie en 1411, Guildhall a été le centre névralgique des corporations commerçantes de la ville, puissant pouvoir face à l’aristocratie. Et si vous prenez Basinghall street, vous trouverez une Mason’s Avenue avec un pub digne de ce nom.

6. Temple Bar, attention au dragon

1 Fleet street puis Paternoster Square. Metro temple.

Encore un dragon, celui-ci veille avec férocité sur la frontière qui sépare les territoires de la City et Westminster. Juché sur un pilier sculpté en plein milieu de l’avenue de Fleet Street, face à la cour de Justice, ce dragon sculpté regarde vers l’ouest, pour protéger la City des intrus de Westminster. Soyez perspicace, juste en face du pilier au dragon, vous trouverez une plaque sur un mur qui marque l’endroit où se trouvait la loge maçonnique de la Taverne du Diable. Devil Temple Lodge a été l’une des plus anciennes de Londres, et dont fait mention le pasteur Anderson ( celui qui a rédigé les constitutions maçonniques). Revenons à notre dragon, ailes déployées, griffes sorties, il a l’air tout droit sorti d’un conte de fées, mais il ne date pourtant pas du Moyen-Age, il a été posé en 1872 pour marquer l’emplacement de Temple Bar d’origine un monument « voyageur » où l’on retrouve l’empreinte des frères. A l’origine, au 13 ème siècle, il existait une barrière pour marquer l’entrée du quartier du Temple (voir Temple Church) et où il fallait payer un droit de péage. Après le grand incendie de 1666, le frère Christopher Wren, et oui toujours le même, y construit un magnifique ouvrage d’art percé d’une arche, et ornementé de statues de rois d’Angleterre, dont celle de James 1er. Deux cent ans plus tard, face à l’accroissement de la circulation, le monument est démonté pierre par pierre et reconstruit en 1889 dans une propriété privée du Hertfordshire, non loin de Chesthunt. Mais l’aventure n’est pas terminée, en 2001, Temple Bar retourne à Londres, cette fois à Paternoster Square, quasiment à l’emplacement de la première loge Unie maçonnique de l’Oie et le Grill (voir item). Le transfert a couté la bagatelle de 5 millions d’euros. Vous pouvez l’admirer tel qu’il était quand le frère Wren l’a conçu. La Temple Bar Lodge, fondée en 1878, a joué un rôle majeur dans le rapatriement du monument.

7. Temple Church, l’église des Templiers

Quartier des Inns. Métro Temple ou bus sur Fleet street, arrêt au niveau de Royal court’s of justice.

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Prenez un verre au pub des templiers   

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Eric en conversation avec l’un des chevaliers du temple

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Facade Temple church (photo wikipedia)

Mettre un indice dans l’église des chevaliers du Temple eut été faire acte de grande paresse tant le Da Vinci Code a popularisé le lieu. Néanmoins, nous avons inséré un chapitre avec Fainsworth en guise de clin d’oeil. L’église, réputée pour ses magnifiques gisants, mérite d’être visitée, mais renseignez-vous sur Internet sur ses heures d’ouverture, ça change tout le temps. Privilégiez une visite du reste des Inns, le quartier des avocats, en vous perdant dans les petites ruelles, entre Fleet Street et la Tamise. Allez prendre une bière au Temple pub, juste à côté de l’église. Vous y découvrirez un portrait de Jacques de Molay, dernier grand maître de l’Ordre.

8. A l’Oie et le Grill, berceau de la maçonnerie

Paternoster square. Metro St Paul.

Sortez de la cathédrale Saint Paul et marchez cinq minutes vers le nord, vous  tomberez sur une place entièrement refaite qui fait face au nouveau siège de la bourse de Londres. Regardez bien (on ne va pas vous le dire, ce serait trop facile) et vous trouverez une plaque commémorative de la création le 22 juin 1717 des quatre loges unies à la taverne de l’Oie et le Grill (Goose and Gridiron). Les historiens de la maçonnerie sont tous d’accord pour reconnaître que la réunion de l’Oie et le Grill est la première manifestation officielle de la maçonnerie spéculative, et l’élection du  premier grand maître de la fraternité, Anthony Sayer. C’est à partir de là que prendra l’essor d’une fédération de maçons. Pour la petite histoire, la nouvelle plaque a été inaugurée le 15 juin 2005, en présence du frère Lord Maire, Alderman Michael Savery.

9. La City, le Royal Exchange…

Angle Threadneedle street et Prince’s street. Métro Bank.

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La tour Swiss Re (St Mary Axe) (EG)

Ce n’est pas l’endroit le plus touristique de la ville et pourtant il mérite le détour. Ici, se trouvait l’épicentre de la finance, cœur de la puissance de l’empire britannique. Sortez du bus ou du métro et allez sur la petite place, sur laquelle se trouve une petite pyramide (comme par hasard) argentée. Selon nos calculs, juste en dessous, à vingt mètres de profondeur, se trouve la statue du templier Roncelin. En face de vous, le bâtiment imposant du Royal Exchange, avec ses huit colonnes corinthiennes. Vous pouvez y entrer, c’est devenu un centre commercial de luxe et boire un verre dans le patio central ou faire du lèche vitrine (si tel est votre vice). A votre gauche, la muraille impressionnante de la Old Lady, la banque d’Angleterre, jusqu’au siècle dernier la plus puissante du monde. Elle a été construite en 1694 sur l’emplacement d’un temple consacré à Mithra, puis rebâti au début du dix-neuvième siècle par le franc-maçon John Soane, l’un des plus grand architectes anglais de l’époque, qui a aussi participé à la reconstruction du Freemason Hall en 1813. Pas de hasard, les constructeurs les plus prestigieux, comme Christopher Wren, ou encore Horace Jones (Tower Bridge, monument de la Reine Victoria) ou Thomas Sandby (premier Freemason Hall) étaient des frères de haut vol.

Si vous descendez sur Queen Victoria, vous tomberez sur Mansion House, la résidence du maire de la City. Il faut savoir que la City (3 Km2), ou Square Mile, est une ville dans la ville, avec ses lois et ses prérogatives pour ses 9500 habitants. La reine doit demander l’autorisation du Lord maire pour venir en visite officielle…

Juste à côté du  Royal Exchange, se trouve l’imposant bâtiment du Stock Exchange et si vous continuez vers l’est par Leadenhall street, vous découvrirez l’étrange tour de la Loyd (l’assureur) et plus loin le gratte ciel de la Swiss Re (au 30 St Mary Axe), où se trouvent les bureaux de Fainsworth (couverture du livre). Anecdote, les opposants à la tour ont accusé les francs-maçons de l’avoir financée, car une succession de triangles enrobe la tour de la base à son sommet sur 180 mètres.

LES PIERRES SACRÉES DE LONDRES

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10. La pierre magique des rois

Abbaye de Westminster

Dans cet opus, la pierre des Templiers joue un rôle majeur. Le choix de Londres pour la quête de Marcas n’est pas un hasard. En effet, la ville de Londres est associée depuis la nuit des temps à des légendes concernant des pierres sacrées. La pierre dite de Scone (Ecosse) a été volée aux Ecossais par le roi Edouard 1er, en 1296 et placée à l’abbaye de Westminster. Pas n’importe où, juste sous le trône où doivent s’asseoir les souverains anglais lors de leur couronnement, comme le faisaient avant eux les rois écossais spoliés.

Les Ecossais ayant considéré cet « emprunt » comme un affront, ils n’ont cessé de réclamé le retour de la pierre et l’ont obtenu en 1996. Cependant, selon les accords signés, elle doit revenir temporairement pour le couronnement du futur roi d’Angleterre. Et oui, tous les souverains du Royaume-Uni se sont pliés à la coutume. Une  légende voudrait que l’origine de la pierre ne soit pas écossaise mais qu’elle viendrait d’Irlande et serait une pierre celte magique, Lia Fail. Selon un autre récit, elle aurait été récupérée à Jérusalem et serait la fameuse pierre de Jacob, sur laquelle il a fait un songe.

Anecdote. La pierre a été volée le jour de Noël 1950 par des patriotes écossais et installée à l’abbaye d’Arbroath. Forts de cette action d’éclat, les voleurs ont signé une déclaration d’indépendance du nom de l’abbaye. Hélas pour eux, les Anglais ont remis la main sur la pierre, la même année.

11. La pierre qui protège Londres

111 Cannon Street.

La pierre repose dans une niche, protégée par une grille, dans un magasin de sports. Cette pierre a une histoire fantastique. On entend parler la première fois dans un livre du roi Athesltan, ou Ethelstone.

A la fin du livre, nous avons enfoui la pierre devant le Freemason Hall, quoi de plus normal pour des tailleurs de pierre… Et si la curiosité vous pousse à tracer des droites pour relier les deux autres pierres, Westminster et Cannon street, le hasard vous fera découvrir un triangle presque parfait…

Le stade de la fin du monde


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Stade de Londres construit pour les JO de 2012. Les projecteurs en forme de triangle angoissent certains esprits.

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Mascotte des JO 2012 qui fait peur aux conspirationnistes

Le nouveau stade de Londres et ses projecteurs en forme de triangle fait fantasmer bien des sites conspirationnistes (adeptes du complot). Il suffit de taper sur Youtube, stadium+illuminati ou olympics games+freemason, pour découvrir des vidéos bien « singulières ». On y apprend que le stade a été construit par les francs-maçons, ce qui est faux, qu’il sert de balise pour l’atterrissage de vaisseaux spatiaux et que son inauguration marque le début de la fin du monde, et oui en 2012… Pareil pour les mascottes, des petits personnages qui n’ont qu’un œil, pas très réussis au demeurant, et dont certains paranoïaques voient le même œil que celui du dollar…. Inutile de préciser que nous ne croyons pas à ces interprétations. Pour la petite histoire, les commentaires du blog du Watcher ont été inspirés de commentaires glanés ça et là sur ces sites.  

Un patron d’une agence de notation dans un thriller ésotérique


Nous voulions que Fainsworth soit le patron d’agence de notation, et pas un trader. Depuis 2008, le grand public a découvert la puissance de ces organismes privés qui notent la bonne santé des pays et des entreprises sont devenus au fil des ans. Tous les médias ont enquêté sur ce sujet, dont le Parisien/Aujourd’hui en France (Eric y était chef de service à la rubrique économie) mais voici l’introduction d’un dossier de l’Express, en date de décembre 2011, et qui résume assez bien la situation.

 « Il existe seulement deux puissances capables de détruire l’économie d’un pays : l’aviation américaine sous un tapis de bombes… et Moody’s en dégradant sa notation. » Dans les années 1970, la formule prêtait encore à sourire même si, déjà, elle donnait un aperçu du pouvoir des agences de rating. Moody’s donc, mais aussi Standard & Poor’s et Fitch. A présent, l’influence considérable acquise par ces shérifs des marchés financiers – rebaptisés les « trois sorcières » ! – soulève au bas mot la méfiance. Leurs appréciations rythment la vie des affaires et des Etats. D’un trait de plume, ils sont capables de précipiter la chute d’une entreprise ou d’une économie (…). Par Bruno Abescat et Valérie Lion. 

L’os, le calcium et la pierre cubique


L’être humain a un seul point commun avec le règne minéral sur la plan moléculaire, c’est l’os. En effet, il est composé de phosphate et de carbonates de calcium que l’on retrouve aussi dans la pierre calcaire. Si l’on descend un peu plus dans l’infiniment petit on s’aperçoit que le calcium se présente sous la forme d’un cube. Le corps humain ne tient donc que sur des os, eux mêmes constitués de milliards de petits cubes… Il était extrêmement tentant de mettre en parallèle cette particularité chimique et la symbolique de la pierre cubique en maçonnerie. En effet, le maçon ne doit-il pas tailler sa pierre brute pour arriver à la pierre cubique ?

La symbolique de la pierre


Pierre de la Kaaba, Pierre de Rome, Pierre du Temple de Jérusalem, Pierre de l’autel du sacrifice d’Abraham, Pierre de Stonehenge, Pierres dont on fait les cathédrales, les temples, les synagogues, les mosquées, Pierres du destin (voir item), depuis l’aube des temps, la pierre joue un rôle majeur dans le lien entre l’homme et Dieu. En maçonnerie, il est une allégorie de la construction personnelle.

A lire. La  pierre, Loge Alpina.

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La famille royale, protectrice de la maçonnerie


Dès sa création, en 1717, la maçonnerie anglaise a noué des liens puissants avec la noblesse du pays, jusqu’aux monarques eux-mêmes. Il suffit de jeter un œil à la liste des grands maitres de l’obédience. Si les les trois premiers (Anthony Sayer, George Payne, Jean Théophile Desaguliers) sont roturiers, à partir de 1719, tous les grands maîtres seront membres de la haute aristocratie, riches propriétaires terriens et grands seigneurs. Au fil des ans, l’engouement pour cette fraternité va s’étendre aux familles royales. Le prince de Galles, Frédéric de Hanovre, sera le premier frère membre d’une dynastie de souverains, et trois de ses fils passeront sous le bandeau. L’un d’entre eux, Cumberland fera même initier six de ses neveux ! Il faudra cependant attendre 1820 pour voir monter sur le trône le premier roi maçon, George IV, qui avait même été grand maître de la grande loge d’Ecosse. Par la suite, d’autres souverains seront   initiés, dont George VI, en 1919, le roi bègue du film Le discours d’un roi, et père de l’actuelle reine Elisabeth. La revue Point de Vue a publié un remarquable numéro spécial, et original : Princes et rois Francs-Maçons (Mars 2012), avec un excellent article de Gabriel de Penchenade, l’Equerre et la Couronne. Et pour les lecteurs du Septième Templier, toujours dans le même numéro, un article bien documenté sur les liens entre la maçonnerie et l’Eglise catholique du meilleur papologue français, Bernard Lecomte. Cet auteur vient de publier un passionnant livre d’enquêtes, chez Perrin, Les derniers secrets du Vatican, dans lequel il revient sur de nombreux thèmes abordés dans le Septième Templier.

Si les liens entre la royauté anglaise et la maçonnerie ne sont pas un mystère outre Manche (un timbre de la Victoire a été émis en 1946 avec la tête de George VI, orné du compas et de l’équerre), ils ont en revanche fait beaucoup fantasmer. Selon une thèse longtemps en vogue, Jack l’éventreur aurait été un frère mandaté pour protéger la famille royale dont l’un des membres s’était compromis avec des prostituées. La BD From Hell, d’Alan Moore et Eddie Campbell (Delcourt Editions) surfe, avec maestria sur cette hypothèse et propose à ses lecteurs une plongée dans un Londres ésotérique fascinant. Mais, il s’agit de fiction, aucune preuve ne conforte cette théorie !

Toujours dans la même veine, plus conspirationniste qu’historique, il existe des thèses selon lesquelles les monarques de Grande Bretagne ont considéré leur royaume comme un nouvel Israël, et Londres une nouvelle Jérusalem. Lire New Jerusalem, d’Adrian Gilbert, paru chez Bantam Press, mais ce n’est pas un livre d’historien.

Image : timbre à l’effigie du frère du roi George VI